« Scène pittoresque de Noël au Québec ».
Oh mon Québec comment puis-je te posséder avant même que tu ne sois né pourquoi tes paysages grandioses ne cessent d’éperonner mon cœur afin qu’il ne puisse s’arrêter de te chanter de te dire de te nommer je te vois de pied en cap quelle belle stature je m’émerveille à te contempler tu me déroules tes glaces sonores sur la table du fleuve les verres gelés y tintent pour l’appel de la veillée tu t’en souviens des traîneaux anciens conduits de la Rive-Nord à la Rive-Sud et en sens inverse sur toi Saint-Laurent mon fleuve qui te prêtait bien aux réunions de la Noël et du Jour de l’An car les patins sur toi glissaient très bien on entendait de loin les clochettes suspendues au poitrail des chevaux les carrioles quel mot chantant on dirait qu’elles font des cabrioles on les voyait réunies autour des églises illuminées telles des étoiles dans la nuit les paroissiens arrivaient recouverts d’une épaisse couverture pour ne pas donner en pâture leurs membres au froid si vif les tuques les mitaines les foulards de laine à plusieurs tours les manteaux longs avec doublure les parkas les chandails de laine bonnets les bas de laine les passe-montagne et les cache-nez tous ensemble se donnent la main et font une ronde quand vous les portez vous êtes bien emmitouflés sur le parvis de l’église personne ne se déshabillait d’une pelure mais la parlotte allait bon train comment vas-tu comment va-t-elle comment va un tel cela n’arrêtait pas on était obligés de continuer lors de la veillée avec un bon feu de bois dans la cheminée les enfants s’enquéraient des cadeaux mais avant ah ! il fallait bien au Réveillon manger les bons plats chauds de la maison ma mère elle après le repas venait placer dans la crèche le petit Jésus et c’est émerveillée que sous le sapin je l’y voyais installé j’aimais tant les petits moutons blancs qu’en bonne quantité alentour de la crèche avec des bergers ma mère avait fait figurer je me souviens aussi de la Bénédiction du Jour de l’An que chaque année mon père nous demandant de nous agenouiller venait aussi nous donner je sentais dès lors que rien de mal ne pourrait m’arriver dis-moi peuple québécois enceint d’un pays quand les neuf mois seront arrivés à expiration dis-moi pourquoi tu ne veux pas enfanter pourquoi le retenir s’il veut vivre venir au monde et tout comme un premier-né à pleins poumons crier © Marie Cholette, le 18 décembre 2011. Tous droits réservés. Lien de ma page d'admirateurs: https://www.facebook.com/ |
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lundi 19 décembre 2011
Peuple enceint à quand la naissance du Québec
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