Nombre total de pages vues

vendredi 4 avril 2014

«MALGRÉ LA DISTANCE NOS MARÉES HAUTES DE LUMIÈRE SE JOIGNENT TELLES DES MAINS»

Au début ma mie de notre amour
la distance d’un océan à l’autre entre nous
me faisait si peur
que je me noyais dedans
et maintenant que nous nous sommes rapprochées de notre intérieur
de nos ressemblances
de nos reconnaissances
et que nos sens se font
à la vitesse de l’éclair
des transferts de données
dans l’intime
il nous suffit d’un regard
pour que nos marées hautes de lumière
courent les unes vers les autres
et joignent telles des mains
leurs eaux limpides et irisées

mais pourquoi l’absence de clichés
des sensations tactiles de mes paumes
retenant délicatement
tes seins
ces clichés-là pourtant je voudrais voir
distinctement leur visage
la douceur indicible de leurs traits
et les frissons qu’en moi ils ont fait pousser
à la vitesse de l’éclair
des orteils jusqu’à ma tête
que j’ai déjetée vers l’arrière
en cherchant mon souffle
étourdie par ce trop d’air ma chérie
que tu m’as soudain donné
oui nous avons de hautes marées
lumineuses
qui nous bousculent dans le cœur
de l’une et de l’autre
oui nous perdons pied
au midi entre nous du sacré
mais je pleure les clichés que mes paumes
n’ont pas pris
les rushes les scènes de nos amours

j’aimerais tant que mes mains se souviennent
de tes seins lourds
de leur odeur
de ton souffle si chaud
et je les ai torturées mes mains
pour qu’elles m’avouent tout
mais elles n’ont rien voulu dire
elles n’ont rien murmuré
malgré les douleurs que je leur ai faites
endurer
et personne ne les a entendu crier
© Marie Cholette – Québec. Le 18 mars 2012. Tous droits réservés.
LIEN DE MA PAGE D'AUTEURE OÙ VOUS RETROUVEREZ TOUS MES POÈMES SOUS LES RUBRIQUES PHOTOS ET ARTICLES:https://www.facebook.com/pages/Marie-Cholette-poète-romancière-nouvelliste-essayiste/120591567980862
(Suzanne Valadon, 1917)

jeudi 27 mars 2014

POÈME DE MARIE CHOLETTE, POÈTE, ROMANCIÈRE, NOUVELLISTE, ESSAYISTE

«MES REGARDS DE NUIT PAPILLONNENT À LA PLEINE LUNE DE TA PERSONNE»
Tout le long du jour
ma ruche gestuelle va butiner
l’entièreté de ton champ corporel
allant de-ci de-là effleurer tes pommettes
tes lèvres bien dessinées
tes pistils épanouis et tes androcées
et mes papillons se prennent
aux coulis lumineux de ta peau
en venant sur toute sa surface
l’oceller

mes regards de nuit papillonnent
tout autour de toi
à la pleine lune de ta personne

je n’ai de cesse d’être un mobile
que les vents de tes paysages
si beaux
actionnent en continuité

j’attends la nuit
pour que tu sélectionnes
en ma pluralité de caresses
celles qui te font jouir
et j’inscris sur toi le parcours
de la tendresse

tu es l’eau la terre l’air le feu
en lesquels je vis
mon bouquet de mauves
mon bouquet de roses
toi qui me saoule de tes parfums
je ne saurais vivre
en-dehors de toi
© Marie Cholette – Québec. Le 20 mars 2014. Tous droits réservés.
LIEN DE MA PAGE D'AUTEURE OÙ VOUS RETROUVEREZ TOUS MES POÈMES SOUS LES RUBRIQUES PHOTOS ET ARTICLES:
https://www.facebook.com/pages/Marie-Cholette-poète-romancière-nouvelliste-essayiste/120591567980862


Claude Monet, Bouquet de mauves
POÈME DE MARIE CHOLETTE, POÈTE, ROMANCIÈRE, NOUVELLISTE, ESSAYISTE

«À UNE VITESSE FOLLE DANS LE PACIFIQUE SUD UN BANC DE THONS VOLE»
À une vitesse folle
un banc de thons véloce
vole
en décrivant des cercles
dans l’océan Pacifique Sud
pour se protéger des requins 
rôdant tout autour d’eux

parmi ces thons 
des bonites rayées des thons rouges
des thons obèses des thons bleus
des thons blancs et des albacores
des taches rouges des taches bleues 
et des taches blanches ondoyantes
que les rayons du soleil magnifient
qui tournent sur elles-mêmes
dans des dérives de bulles ascensionnelles
en nombre sensationnel

ils y attrapent des sardines et des anchois

des thoniers par centaines
font dériver leurs sennes
capturant au passage des thons sans nombre
des tortues marines des dauphins
et dans les filets dérivants
même des albatros condamnés à mort
aux ailes mises en prison

les thons juvéniles ramassés sans pitié
dépeuplent l’océan
seront inexistants au temps du frai
des assassinats sans fin d’enfants de l’océan
avec les armes automatiques 
des filets dérivants et des sennes
voilà en mots clairs ce que c’est

l’océan est devenu une zone de guerre

mais je contemple plus loin
un navire blanc élégant
en proue et en poupe
et sont installés sur les côtés et devant
des pêcheurs côtiers journaliers 
tenant de longues cannes effilées
qui montent et descendent alternativement
leurs lignes à la traîne
jusque sur le pont arrière
et les thons d’eux-mêmes tombant
se déprennent
alors que les cannes et les lignes 
se recourbent gracieusement vers les flots
puis les pêcheurs remettent les juvéniles à l’eau
et la lumière solaire de ses rais si fins
touche chaque canne chaque ligne chaque thon 
dont les couleurs vibrantes
dansent dans l’espace
leur chorégraphie
© Marie Cholette – Québec. Le 26 mars 2014. Tous droits réservés.
LIEN DE MA PAGE D'AUTEURE SUR FACEBOOK OÙ SE RETROUVENT TOUS MES POÈMES SOUS LES RUBRIQUES PHOTOS ET ARTICLES: 






MARIE CHOLETTE, POÈTE, ROMANCIÈRE, NOUVELLISTE, ESSAYISTE

«LA RIVIÈRE JACQUES-CARTIER LORS DE SON DÉGEL AU PRINTEMPS»
L’eau rapide ruisselle
l’eau rapide chancelle
l’eau déferle
à travers les fentes irrégulières des glaces
sur la rivière Jacques-Cartier
et les roches juste en-dessous
sont fatiguées
comme écrasées
de porter son poids sur leurs épaules
et la montagne de l’Épaule les épaulerait bien
en leur prêtant la sienne
si elle le pouvait

la vallée encaissée
retient son souffle de sentir sa rivière
aux eaux débridées
jaillir par-ci rejaillir par-là
sans aucun contrôle sur elle

la rivière à travers les échancrures des glaces
a des renflements musculaires liquides
qui brillent huilés au soleil

les glaces s’effeuillent
retirent lentement au gré des jours
leurs vêtements
trop heureuses de reprendre une à une ragaillardies
leur fluidité
dans la nudité printanière
de leurs mouvements

les rapides peu à peu refont surface
dans la vallée
avec leurs eaux tourbillonnantes
qui ont des goûts de dentelle blanche
aux manches et au collet

les eaux folles des rapides
s’accélèrent et s’engagent
dans la gorge escarpée de la Taureau
où elles fusent telles du champagne
belle gorge profonde
où les eaux éblouies par le soleil
dansent comme les danseuses du Moulin rouge
en montant et en descendant alternativement
leurs jambes gainées dans les airs
surmontées de frous-frous à plusieurs étages de légères dentelles

je te contemple ma rivière Jacques-Cartier
au moment de tes essais printaniers
sur les planches des sous-bois de tes abords
alors que ta mémoire n’a pas tout retenu encore
de ton défilé de mode
et doit se frayer momentanément un chemin
à travers les glaces qui bientôt
te gonfleront d’eaux vives
et de liberté retrouvée
© Marie Cholette – Québec. Le 24 mars 2014. Tous droits réservés.
LIEN DE MA PAGE D'AUTEURE OÙ VOUS RETROUVEREZ TOUS MES POÈMES SOUS LES RUBRIQUES PHOTOS ET ARTICLES:
https://www.facebook.com/pages/Marie-Cholette-poète-romancière-nouvelliste-essayiste/120591567980862
(SYLVIE DURAND, Brume sur la Vallée de la Jacques-Cartier, Huile, 18 x 24")
 

dimanche 22 avril 2012



                                              Jimmy Perron, La batture aux outardes




QUE TES MIGRATIONS ACHÈVENT AMEN

En l’amour tu es dans ton milieu naturel comme le sont les oies blanches les outardes les goélands à manteau noir les goélands à bec cerclé les goélands arctiques les goélands bourgmestres les fuligules à collier les garrots d’Islande sur le fleuve Saint-Laurent aux abords de l’Isle-aux-Coudres en ce mois d’avril afin d’y retrouver leur aire de reproduction au milieu des parades nuptiales des mâles garnis de leur plumage le plus élégant
comment agrandir l’aire de mes yeux de chacun de mes regards afin de la marquer entièrement à ton exclusive présence comment rétrécir ma corporalité et tenir de pied en cap dans le bleu de la Méditerranée de tes yeux pour y habiter en permanence
quand tu sortiras de l’avion je me serai habillée de ma robe nuptiale et je te ferai la cour en dansant jusqu’à ce que conquise je t’emmène à mon nid et te couvre dans l’intimité de mes ailes
comment réagirai-je alors que tu resteras moins longtemps que prévu oh ces départs à venir de ta personne hors de mon sol québécois tels des morts prévisibles au front de l’amour qui iront sans cesse en augmentant au fur et à mesure du passage du temps comment réagirai-je à chaque rapatriement d’un corps dis-le-moi
faut-il malgré soi accepter l’inacceptable je m’y refuse puisque nos espace-temps seront délimités et leurs frontières tracées et où nos caresses l’une envers l’autre seront interdites de séjour que faut-il faire pour avoir un visa d’amour sans fin une présence à deux âme à âme corps à corps où les deux ne feront plus qu’une quand prendras-tu ma nationalité et que les frontières d’elles-mêmes tomberont
tu vois ces oiseaux migrateurs une fois les œufs pondus et éclos ils quitteront l’Isle-aux-Coudres et rejoindront le nord que se terminent tes migrations un jour mon amour que tes migrations achèvent
amen

© Marie Cholette, le 16 avril 2012. Tous droits réservés.
Lien de ma page d'admirateurs sur laquelle vous retrouverez tous
mes poèmes et nouvelles sous la rubrique Articles :
https://www.facebook.com/pages/Marie-Cholette-po%C3%A8te-romanci%C3%A8re-nouvelliste-essayiste/120591567980862?ref=mf
 

EN CETTE JOURNÉE OÙ LA LUMIÈRE EXULTE

                                          Joan Mirò, Le carnaval d'Arlequin


EN CETTE JOURNÉE OÙ LA LUMIÈRE EXULTE


En cette journée où la lumière exulte soulevant au-dessus de sa tête les bouleaux blancs les pins les érables les sapins et les aulnes en cette journée où les cratères solaires rient aux éclats et se font entendre de tout l’univers les tarins des pins te sifflent amour de ma vie les mésanges à tête noire atterrissent dans ta paume où des graines attendent de combler leur appétit les carouges à épaulette te font de l’œil les parulines te saluent en hochant de la queue les chardonnerets ont entrepris la toile de tes vêtements utilisant la palette à leur portée des nuances de jaune de noir et de blanc alors que le vent à ton passage en perd ses directions et souffle de manière à te voir de tous les côtés ne sachant pas où donner de la tête maintenant que tu es à proximité des battures de l’Isle-aux-Coudres un couple de bruants lapons ayant quitté la toundra jouent pour toi à haut vol de leurs ailes le mâle ayant posé sur sa tête une calotte noire qui a plu à la belle et le héron posé sur l’étoc d’un rocher prend son envol ramant de toute l’envergure de ses ailes pour te prendre à son bord
les grèbes huppés ont mis leur collerette rousse pour ton attention la happer et ayant plongé réapparaissent tout près de toi en posant contre tes seins leur poitrine s’accompagnant de l’instrument de musique de leur parade leurs caquètements rauques et saccadés si sonores t’ayant déjà entourée d’un nid spatial et fluvial où il te sera bon de plonger
comme une sirène contemporaine mon amour je me transformerais en moitié-femme-homme et en moitié-poisson pour leur royaume d’eaux et de terre leur royaume corporel et sensitif mieux les connaître en l’apprivoisement des différences je me métamorphoserais en femme-lionne en femme-cheval en homme-abeille en femme-univers en homme-rhinocéros et en femme-fourmi passant de l’infiniment grand à l’infiniment petit
comme je sais dilater les membranes de l’instant cette journée où la lumière exulte durera très longtemps et parmi une bande de arlequins plongeurs arborant tel le personnage de la commedia dell’arte leurs couleurs ma robe blanche rouge et noire je porterai et d’une similaire te vêtirai elles auront un profond décolleté puis pour chasser les temps de tristesse qui nous ont blessées nous monterons toutes deux sur la scène de nous-mêmes afin avec la salle tout entière à tout bout de champ nous esclaffer
© Marie Cholette, le 19 avril 2012. Tous droits réservés.
Lien de ma page d'admirateurs sur laquelle se retrouvent tous
mes écrits, au nombre de 102, sous la rubrique Articles:
https://www.facebook.com/pages/Marie-Cholette-po%C3%A8te-romanci%C3%A8re-nouvelliste-essayiste/120591567980862?ref=mf